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RÉVÉLATION : on connaît désormais l'origine du virus du sida Les chimpanzés porteurs du virus n'en sont pas affectés. Le secret de cette immunité fait naître l'espoir et pose des questions d'éthique Elle s'appelait Marilyn. Drôle de nom pour une guenon capturée au Gabon et expédiée toute jeune aux Etats-Unis dans la colonie de chimpanzés de la base de l'armée de l'air de Holloman, au Nouveau-Mexique. Mais un nom de star finalement bien mérité. Après des années de bons et loyaux services comme nourrice dans son centre, cette représentante des Pan troglodytes troglodytes, sous espèce de l'Afrique équatoriale, a joué directement les vedettes au cours de la sixième conférence sur le sida qui vient de réunir l'élite mondiale des virologues à Chicago.Motif ? Après vingt ans d'interrogation sur l'origine du VIH 1, le plus meurtrier des virus pour l'homme (trente-cinq millions de malades dans le monde), le sang congelé de la guenon a permis de remonter la filière. 1985 : Marylin meurt à l'âge de vingt-six ans. Le test de dépistage du VIH 1 qu'on lui fait subir aussitôt après est positif. Son infection ne peut être que d'origine naturelle car Marylin n'a jamais été utilisée dans le cadre de la recherche sur le sida. A tout hasard, des échantillons de son sang sont congelés et conservés à lIinstitut national du cancer américain. Une équipe de chercheurs américains, français et britanniques, dirigés par Béatrice Hahn, de l'université d'Alabama, décide de plancher sur ces échantillons. Et découvre qiue la structure génétique du virus de Marilyn ressemble à s'y méprendre à celui du VIH 1. Béatrice Hahn détient la preuve la plus convaincante que le "premier réservoir" du VIH 1 humain se situe chez la sous-espèce de chimpanzés Pan troglodytes troglodytes. Ce sont les congénères de Marilyn qui, volà des années, ont transmis à l'homme le VIH 1 - tansid que le VIH 2, lui, s'est diffusé par l'intermédiaure du mangabey Cercocebus Atis. Le terrible virus serait passé d'une espèce à l'autre. "Avant,le premier cas de sida identifié à Kinshasa en 1959", dit Béatrice Hahn. Comment ? Probablement par voie sanguine lors de dépeçages de ces singes chassés pour leur chair très appréciée en Afrique. Mais aussi par morsure dans les zoos et les centres d"élevage. L'accroissement de l'urbanisatoin, la promiscuité sexuelle, les mouvements de populations auraient ensuite fait flamber le nombre d'humains infectés. Grâce à Marilyn, tout un pan de la saga du sida se dévoile. Mais cette découverte va au-delà du simple intérêt historique : elle relance l'espoir d'endiguer la pandémie autrement que par les traitements par trithérapie. Un luxe que seuls les pays nantis peuvent s'offrir. En effet, si les chimpanzés porteurs du VIH 1 ne tombent pas malades, c'est que leur organisme se protège du virus. En produisant des anti-corps ou en multipliant des cellules capables de détecter très vite le virus. Découvrir comment fonctionne ce système de défense permettrait peut-être enfin de mettre au point un vaccin. Mais à quel prix ? Les désigner comme "réservoir naturel" du VIH 1 ne risque-t-il pas d'aggraver leur sort. Les Pan troglodytes troglodytes sont aujourd'hui une espèce archi-menacée. Il n'en reste plus que soixante-quatre mille au Gabon et dix mille au Congo Brazaville - la Guinée équatoriale ne disposant pas de chiffres. Pourtant, chaque année, ces chimpanzés voient leur habitat se rétrécir par la défirestation quand ils ne sont pas illégalement chassés. Un tableau encore assombri par la multiplication des expérimentations dont ils sont victimes depuis l'apparition du sida, pour leur grande proximité génétique avec l'homme (à 99,8 %). Ainsi, aux Etats-Unis, depuis les années 80, près de deux cents chimpanzés de laboratoires auraient été infectés par différents souches du virus.Des expériences jugés inoffensives au départ mais qui, de plus en plus, semblent provoquer des affaiblissements de leurs défenses immunitaires. Quelques grands chercheurs ont déjà jugé bon d'appeler à une réflexion sur le sujet. En exigeant des limites éthiques pour toutes ces recherches. A leur tête, le grand virologue Alfred Prince et la célèbre primatologue Jane Goodall. Peut-être setont-ils aidés dans leur tâche par une récente initiative néo-zélandaise : la création d'une charte des droits des chimpanzés, des bonobos, des gorilles et des orangs-outans. LES PIEDS DANS LE PLAT : vache folle, les primates aussi Les primates des zoos sont eux aussi contaminés. A cause des farines animales. Le prion responsable de la maladie de la vache folle vient de franchir une nouvelle fois la barrière entre espèces. En épluchant les registres des zoos, Noëlle Bons, chercheur à l'unversité de Montpellier, se rend compte que quatorze des vignt-six primates décédés en France depuis dix ans ont souffert de troubles neurologiques. Elle enquête alors dans le but de détecter si ceux qui sont actuellement pensionnaires dans les zoos sont contaminés. En collaboration avec le prix Noble 1976 Carleton Gadjusek, elle ne parvient à tester que ls dix-huit primates du zoo de Basançon. "Tous étaient positifs, dit-elle, mais pas malades ni dangereux pour le public et les oigneurs". En France, les primates en captivités ont été nourris en 1996 à l'aide de farines animales. Sans suites apparentes pour l'instant. En revanche, l'augmentation du nombre de victimes humaines de la maladie de Creutsfelldt-Jakob laisse les experts très inquiets. URGENT : inquiétude sur le sort des éléphants A Tsavo, le plus grand troupeau de pachydermes a disparu Spécialiste du comportement des éléphants, Iain Douglas-Hamilton passe actuellement plus de temps en l'air que sur terre. Il emploie ses journées à compter et recompter, depuis son petit avion, les éléphants qui vivent sur les quarantes milles kilomètres carrés de la réserve du Tsavo, au Kenya. Depuis mars, son inquiétude grandit. Il a beau survoler le territoire entier du parc, il ne retrouve pas le plus grands des troupeaux d'éléphants du Tsavo, quarante-mille individus. Comme s'il s'était volatilisé. Il a encore en mémoire le désastre des années 1980. Les éléphants s'évanouissaient par dizaines, chaque jour, victimes de braconniers. Or, l'interdiction du commerce de l'ivoire a été assouplie il y a quelques mois pour trois payx africains, le Zimbabwe, la Namibie et le Bostwana. "Permettre même partiellement la reprise de ce commerce est risqué" dit Ilain Douglas-Hamilton. Depuis 1989, le nombre des éléphants de la réserve du Tsavo s'était stabilisé. C'est une véritable incitation au renouveau du braconnage. SOCIETE : téléphone portable, une drogue bien réelle L'utilisatoin régulière d'un téléphone portable provoque une dépendance à l'égard de l'appareil "Accros" aux téléphones portables, vous l'êtes sans doute plus que vous ne le pensez ! Des études récentes prouvent que les ondes émises par ces machines stimulent la production par le cerveau d'une substance semblable à la morphine, qui unduit chez les utilisateurs une réelle dépendance. Les micro-ondes de ces téléphones atteignent notre cerveau via l'oreille et y déclenchent une sécrétion d'endorphines. Résultat : "l'ivresse" du portable, un état de dépendance comparable à celui des consommateurs de narcotiques. Le comble, les inconditionnels du portable seraient la proie d'envies accrues d'alcool. Victimes potentielles de maux de tête, de trous de mémoire, voire de cancers, ils pourraient bientôt voir apparaître sur leur appareil préféré des mises en garde. Le Parlement européen vient de demander que ces téléphones comportent une mention rappelant leurs possibles effets négatifs sur la santé. URGENT : le manque d'eau menace la planète Sauf mesures d'urgence, dix-sept pays risquent de devenir inhabitables "Il faut récupérer l'eau pendant la saison des pluies afin de la stocker. Et, partout où c'est encore possible, installer des rizières fonctionnant par inondation, ce qui réalimente les nappes phréatiques par trop sollicitées aujourd'hui". David Seckler, directeur de l'Institut international de la gestion de l'eau, n'entend pas donner une liste de recettes mais des mesures à prendre d'urgence. Et il ajoute ; "la raréfacton de l'eau est aujourd'hui le plus grand danger qui pèse sur l'environnement et l'alimentation, c'est-à-dire sur notre santé, ainsi que sur la paix. Les besoins d'eau vont inéxorablement conduire à des guerres". L'Institut de la gestion de l'eau a établi le classement des pays le splus menacés. Dix-sept d'entre eux vont connaître une raréfaction absolu d'eau d'ici 2025. En particulier Lybie, Tunisie, Egypte, Israël, Jordanie, Iran, Irak, Arabie Saoudite, Yémen, Afrique du Sud, le sud de l'Inde et le nord de la Chine.
POSITIF : A Port-Cors, une protection originale des fonds marins La méditerranée reprend des droits. La loi des hommes lui vient en aide. Cet été, en méditeranée, dans la zone maritime du parc national de Port-Cros, les eaux usées ne sont plus relachées dans les ports, les criques et les anses qui font le bonheur des vacanciers. Le parc, dontr le territoire marin de dit-huit cent hectares est un éden où les mérous côtoient les poulpes et les gorgones, a renforcé ses règles de protection. Sur l'île de Porquerolles, devant la place d'Argent, les premiers cent mètres sont réservés aux nageurs, les cent mètres suivants aux bateaux propres nouvelles normes et les autres n'ont plus le droit d'approcher à moins de deux cent mètres. Aileurs, les bateaux sont également repoussés plus loin du rivage, pour protéger les herbiers de posidonie. Mais la grande nouveauté réside dans un nouveau type de bouée. Les bateaux des plongeurs n'ont plus le droit de se mouiller, c'est-à-dire de jeter l'ancre, mais ils peuvent s'amarrer à des bouées spéciales : vissées sur le fond, elles n'abîment pas le corail. Pour l'instant, seuls huit sites en sont équipés. Déjà d'autres pays, dont l'Italie et l'Espagne, sont demandeurs. LES PIEDS DANS LE PLAT : les fous masqués menacés par une base militaire Leur principal habitat, dans les Caraïbesn pourrait être transformé en base d'essais Quatre mille cinq cents fous masqués seulement subsistend dans le monde. Cet oiseau de mer, se nourrissant surtout de poissons volants, s'est notamment réfugié sur un rocher ni des Caraïbes appartenant au territoire britannique d'Anguilla. Un rocher stratégique situé sur la route migratoire d'autres espèces de fous et de sternes, de baleines et de tortues marines. Ne mesurant même pas un kilomètre carré, le rocher intéresse une société aéronautique qui veut y contruire une aire de lancement de fusées. Les conséquences sur l'environnement en seraitent catastrophiques. Rien que chez les fous masqués, els trois-quarts de leur population mondiale disparaîtraient. BIONIQUE : des abeilles au services de la détection des mines Des militaire vont utiliser leur capacité à ramesser le moindre grain de poudre Sans le savoir, des abeilles vont constituer une brigade de détection des mines, des obus et des bombes qui n'ont pas explosé. Les chercheurs du laboratoire américain Pacific Northwest ont réussi à miniaturiser et à placer sur le dos de ces insectes velus des détecteurs de poudre. L'intérêt de l'opération ? Utiliser la faculté du thorax des abeilles à capter les poussières ambiantes. Aussi bien à terre que durant leur vol. Harnachée avec le mini-capteur, les abeilles font l'office d'un suivi pendant leurs recherches de pollen et de nectar et leur parcours est enregistré. Puis, à leur retour à la ruche, les détecteurs de poudre livrent leur message. Positif ou négatif. Si la présence de poudre est avérée, l'enregistrement du vol permet de localiser avec précision la zone dangereuse. Celle où réside encore une mine ou un obus d'intact. On ne sait ce qu'en pensent les abeilles.
ARCHEOLOGIE : Une piste dans le mystère du déclin des Mayas Au Mexique, une découverte accidentelle apporte des éléments sur l'Empire déchu Un coup de couteau malheureux. Une grosse couche de poussière humide se détache de la pierre. S'écrase sur le sol. A Palenque, au Mexique, l'équipe archéologique en est quitte pour une bonne frayeur. Et une incroyable surprise. A la place du pan de mur, des hiéroglyphes et des protraits sculptés sur un trône massif en calcaire. Le groupe de chercheurs n'en revient pas. Les premières analyses révèlent des inscriptions datant de 736 ap. J.-C. et le portrait d'Akal Anab III, un des derniers souverains de la cité. Jaloux du roi Pakal le Grand, enterré au centre du temple des Inscriptions, Akal Anav a fait élever plusieurs monuments. Mais ses constructions intensives semblent coïncider avec le déclin de Palenque. Quelques décennies plus tard, la cité est abandonnée. Du IIIè au IXè siècle, la civilisation maya a pourtant maîtrisé les mathématiques, les sciences, l'architecture, et l'astronomie. Elle a créé le premier langage écrit que l'Amérique ait connu. Alors comment expliquer sa disparition ? Epidémie, invasion, déforestation, famine ? Les hypothèses s'accumulent. Grâce aux découvertes faites par hasard à Palenque, les archéologues espèrent enfin tirer des hiéroglyphes l'histoire précise du déclin de l'Empire maya. Et de son mystère. DECOUVERTE : de l'eau tombée de l'espace Piégé par un banal sel de table spatial, le précieux liquide aurait traversé les siècles. Les chercheurs de la Nasa, le vénérable institut de recherche spatial américain, exultent. Ils ont trouvé des cristaux pourpres de halite à l'intérieur d'une météorite. Selon eux, ce minéral, que nous appelons tout bonnement sel de gemme, aurait piégé des bulles de liquide qui nous viendrait tout droit de l'espace. Cette météorite était tombée l'an dernier au beau milieu d'une partie de basket-ball, dans l'ouest du Texas. Le fait qu'elle contienne de l'eau prouve à nouveau l'existence du précieux liquide ailleurs que sur notre planète. URGENT : en Alaska, les glaciers reculent trop vite D'autres symptômes prouvent malheureusement que le réchauffement de la planète s'y fait plus sentir que partout ailleurs. Aujourd'hui, pour admirer la glace de Portage, dans le sud de l'Alaska, il faut prendre un bateau. Il y a dix ans, le coup d'oeil était encore possible à partir de la route qui mène à Anchorage. Il faut dire que le glacier de Portage a reculé de quatre kilomètres en vingt ans. Et celui de Columbia de onze kilomètres en seize ans. Les glaciers du sud de l'Alaska sont en train de fondre et les scientifiques sont formels, le réchauffement de la planète en est la cause. D'autres symptômes le prouvent. Des poissons que l'on observe d'habitude dans des eaux plus chaudes apparaissent en Alaska. Le permafrost - cette couche du sol gelée en permanence - se liquéfie, inonde les forêts, tue les arbres et détruit routes et bâtiments. De nombreux insectes et parasites profitent de cette douceur pour se développer dans les forêts. Seuls les agriculteurs ne se plaignent pas. Leur seule bonne saison dure plus longtemps. Si la température a augmenté d'un peu moins d'un degré en moyenne dans le monde, le réchauffement est ici quatre à cinq fois plus important. Les scientifiques américains prédisent même qui certains lieux mythiques comme le parc national de Glaciers, ne compteront plus de glaciers dans une cinquantaine d'années. Tous les spécialistes ne partage pas ce pessimisme. Après avoir étudié les glaces du Groenland, des scientifiques de la Nasa estiment que le recul des glaces particulièrement sensible qu'on y observe est naturel et ne concerne que la périphérie de la calotte. Il ne serait provoqué que par des défauts et des faiblesses de la glace. Sans le moindre rapport avec le réchauffement de la planète. On aimerait le croire. MOEURS : le jeune coucou est un imitateur de génie Pour se faire nourrir par ses parents adoptifs, le jeune coucou imite le chant de leur progéniture Que le coucou à peine sorti de l'oeuf soit nourri par ses parents adoptifs, cela peut se concevoir. Mais que cela se poursuive lorsqu'il a quitté le nid est plus étonnant. Ce nourrisage total dure de vingr et un à vingt trois jours dans le nid, et trois semaines encore après que le jeune coucou l'ait quitté. Rebecca Kilner, de l'université de Cambridge, au Royaume-Uni, et ses collègues ont voulu comprendre pourquoi les parents adoptifs étaient encore dupes. En temps normal, les oisillons manifestent leurs appétit en ouvrant le bec et en piaillant du plus fort qu'ils le peuvent pour signaler leur faim. Le petit coucou, sans jamais avoir entendu les oisillons qu'il a éliminés dans l'oeuf, s'arrange pour faire à lui seul un appel identique à celui d'une nichée affamée. Il réussit si bien son imitation que les parents trompés l'acceptent encore et toujours comme l'un de leurs descendants. Sans que l'on s'esplique par quel phénomène il arrive à imiter des sons qu'il n'a jamais entendus. DECOUVERTE : des espèces inconnues dans les trous bleus Les étranges cratères aquatiques des Bahamas livrent des formes de vie inédites. Trouver et identifier plus de dix crustacés encore inconnus sur Terre, c'est ce qui vient d'arriver à Tom Lliffe, de l'université de Calveston, au Texas. Certains de ces espèces existaient déjà, il y a plus de cent millions d'années. Le biologiste les a toutes découvertes au même endroit. A Oven Rock, un "trou bleu" des Bahamas. Les trous bleus sont légion dans l'archipel. Ce sont des grottes forés par l'eau dans le calcaire. Un jour, leur plafond s'est écroulé, révélant ainsi une vie qui s'est développée le plus souvent à l'abri de toute influence extérieure. "Ces espèces peuvent nous apprendre de quelle manière la vie a évolué sur Terre", indique Tom Lliffe. Le biologiste se bat pour obtenir une protection définitive de la plupart des trous bleux. "Les habitants de la région ne réalisent pas leur importance, dit-il. Ils s'en servent souvent comme décharges poru leurs ordures les plus volumieuses." Au détriment du trésor scientifique qui s'y trouve.
PHENOMENES NATURELS : Les iguanes aussi ont eu leur Atlantide Les Galapagos n'ont été pour eux qu'une terre d'accueil Agées d'à peine trois millions d'années, les Galapagos chères à Charles Darwin ont été précéédées par d'autres îles aujourd'hui immergées à plus de milles mètres de profondeur au large du Costa Rica. Le géologue Reinhard Werner et ses collègues de l'Institu Geomar de Kiel viennent de découvrir ces terres englouties. A la différence de l'Atlantide, elles n'ont pas été victimes d'un cataclysme mais d'un phénomène lent et irrésistible. Il y a plus de quatorse millions et demi d'années, elles sont nées sur un "point chaud", un endroit où le magma perce le fond marin. Solidaires des plaques tectoniques, elles ont suivi leur mouvement jusqu'à ne plus se trouverà l'aplomb de la sortie magmatique. Leur formation en a été stoppée. Puis le temps, le vent et les vagues les firent disparaître. Tel ne fut pas le cas des deux espèces d'iguanes, marin et terrestre, apparues entre quinze et vingt millions d'années et résidant aujourd'hui sur les actuelles Galapagos. Après la disparition de leur "Atlantide", ces reptiles auraient trouvé refuge sur le continent sud-américain avant de dériver sur branchages ou débris divers et s'installer sur ces îles nouvelles. Puis l'ancêtre commun disparut, laissant aux iguanes de Galapagos le seul soin de le représenter jusqu'à nos jours. PHENOMENES NATURELS : Les grains de sable australiens venus des glaces Le sable blanc ou doré des plages et des dunes n'a en fait qu'une seule origine : l'Antarctique En Australie, les places ardentes du Queensland ont un passé glacial. Leur sable doré viendrait de l'Antarctique. L'énigme titillait les géologues de l'université de Camberra : comment expliquer la présence, dans les sables de l'Est australien, de silicate de zirconium, ce minéral étant absent des roches australiennes. Daté de six cents millions d'années, le zircom des plages était bien plu svieux que n'importe quel autre et se rapprochait par son âge vénérable de ceux de l'Antarctique. La clef du mystère remonte à la nuit des temps. Il y a quelques centaines de millions d'années, Australie et Antarctique ne formaient qu'un seul continent, le Gondwanaland. Le vent y a sans doute soufflé le sable du sud vers les plages du Queensland. DECOUVERTE : un lion de Barbarie retrouvé par hasard Ce félin mythique était exhibé dans un cirque. Ce rescapé n'est peut-être pas seul Le lion de Barbarie. Une légende. C'est ce félin disparu qui a croqué les chrétiens au Colisée, rugi sur les écrans de la Metro Goldwin Meyer ou rodé en seigneur dans la cour éthiopienne de Hailé Sélassié. L'un de ces lions mythiques vient d'être découvert et sauvé au Mozambique par une association de défense de la faune. Il a trouvé refuge en Afrique du Sud, dans un centre de recherche sur les animaux en voie de disparition. Giepie, grand mâle couvert du ventre à l'aine de la crinière touffue qui fait le "look" du lion de Barbarie., est l'un des rescapés de la faillite d'un cirque africain. Il représente une espèce qui ne survit plus en principe que sous forme de bribes d'ADN chez d'autres lions. Est-il vraiment le dernier ? La nouvelle de son origine s'étant répandue, d'autres cirques et zoos dans le monde revendiquent à leur tour la présence d'un lion de Barbarie et négocient les retrouvailles de ces survivants. Une femelle venant d'un zoo italien pourrait rejoindre bientôt Giepie et tenter l'aventure du couple. PALEONTOLOGIE : le retour du plus grand prédateur de dinosaures Un crocodile atteignant plus de cinq mille kilos a terrorisé le Nouveau-Monde avant de disparaître Il dépassait les dix mètre, pesait un moins cinq tonnes et constituait sans doute le plus grand prédateur qu'ait connu le Nouveau-Monde. Deinosuchus, c'est son nom, a vécu il y a quatre-vingts millions d'années environ. Trois spécimens de ce monstre en bon état ont été découvert en cinquante ans. Le premier en Caroline du Nord, en 1858, les autres au Texas et dans le Montana. Après la reconstitution de la forme de sa tête, la présence de Deinosuchus tomba dans l'oubli. C'est la découverte d'un fragment de squelette dans le Texas qui vient de rappeler son existence, après cinquante années d'oubli. Sa disparition semble avoir coïncidé avec celle des dinosaures, peut-être ses proies préférées. POSITIF : Pékin renforce la protection des pandas La fourrure du panda reste une marchandise suscitant bien des convoitises A Chengdu, en Chine, un taxi suspect se fait arrêter par la police. Dans le coffre, les autorités ont la mauvaise surprise de découvrir deux fourrures de pandas. Bien que considétés comme "trésor national", six d'entres eux ont été braconnés l'an dernier. Poursuivi par les trafiquants, chasséx par l'industrialisation, les pandas ne sont plus qu'un millier à pouvoir se délecter de feuilles de bambous. Le gouvernement a donc pris des mesures radicales : vingt ans d'emprisonnement ferme pour les trafiquants. Heureusement, les nouvelles sont meilleurs du côté des réserves naturelles. Comme les pandas sont peu enclins à se reproduire en captivité, les naissances sont rares. Mais, l'an dernier, huit bébés ont vu le jour au centre de recherche de Chengdu. Ainsi malgré le trafic, le bilan reste-t-il positif.
URGENT : La mine infernale Le gouvernement indien dissimule l'une des plus grosses catastrophes de notre époque "La mine de Jadugoda est conforme aux standards internationaux. Il ne peut y avoir de liens entre les maladies qui frappent les travailleurs et les radiations possibles de la mine". C'est par ce discours que le département indien de l'énergie atomique rassure les habitants de la région du Bihar. Depuis vingt-trois ans, l'exploitation de l'unique mine d'uranium du pays soulève les cris alarmants des spécialistes. Malgré le manque de sécurité au niveau de l'extraction et des déplacements du minerai; rien n'est mis en place pour protéger la population des radiations empoisonnées. Cancers, avortements spontanés, malformations, les pires maux frappent les trente mille villageois de Jadugoda. L'environnement n'est pas épargné non plus. Des mutations génétiques ont été enregistrés sur les plantes et les animaux de la région. Plus de dix ans après Tchernobyl, on assiste à une nouvelle catastrophe. Silencieuse car les experts internationaux ne sont pas autorisés à contrôler la mine, protégée pour cause de "sécurité nationale". MIGRATION : Les ancêtres européens de certains Indiens d'Amérique Surprise : les Indiens ne seraient pas tous d'origine asiatique Jusqu'à présent, les historiens pensaient que les différentes migrations qui ont conduit au peuplement de l'Amérique étaient toutes d'origine asiatique. Pourtant, lors de l'étude du patrimoine génétique de certaine tribus indiennes, les Sioux et les Ojibwa, les chercheurs ont eu la surprise de découvrir qu'ils possédaient un certain nombre de gènes communs avec ceux des premiers Européens. Ce qui explique peut-être le lien profond de ces derniers pour les Indiens d'Amérique. Ce constat du généticien Douglas Wallace, de l'université d'Atlanta, aux Etats-Unis, bouleverse toutes les thèses établies. Il semblerait donc que, il y a près de trente-six mille ans, des Européens aient traversé le détroit de Behring et soient arrivés sur le continent nord-américain. Cette découverte surprend les spécialistes parce que des études génétiques sur les populations de Sibérie n'ont pas révélé la moindre de trace de gène "européen". Aux Etats-Unis et au Canada, ces travaux sont délicats à mener. Non sans raison. Partisans de l'inviolabilité des sépultures, les Indiens s'opposent à la réalisation de tests génétiques que de nombreux chercheurs estiment discutable sur le plan éthique. LES PIEDS DANS LE PLAT : Tu me fends le coeur Les lucioles sécrètent une molécule qui provoque un infarctus chez leurs prédateurs Le bon gros lézard à collerette australien est renommé pour sa voracité. Il avale, paraît-il, n'importe quoi. Importé par milliers outre-Atlantique et fort prisé des herpétophiles américains. Chlanydosaurus kingii s'est fort bien acclimaté à sa patrie d'adoption. Jusqu'au jour où des collectionneurs ont eu l'idée de lui faire avaler des lucioles. Or, ces insectes sécrètent une arme redoutable, la lucibufagine, un stéroïde qui provoque un emballement du rythme cardiaque et la mort quasi instantanée du reptile. Aucun prédateur américain n'aurait l'idée saugrenue de manger une luciole - la sélection naturelle est passée par là. Le problème, avec le lézard à colerette, est justement qu'il n'est pas américain. Son instinct n'a jamais intégré le danger luciole. DECOUVERTE : Les chimpanzés ont le sens de la famile Face aux portraits de famille, les chimpanzés font jeu égal avec l'homme Liqa Part et Frans de Waad, les primatologues du centre Yerkes d'Atlanta, aux Etats-UNis, ont montré à deux femelles et trois mâles chimpanzés des images d'autres chimpanzés qui leur étaient inconnus. Les cinq cobayes ont réussi le tour de force de détecter les liens de parenté unissant ces autres primates qu'ils n'avaient jamais rencontrés. En particulier les mères et les fils. On savait, depuis peu, que les chimpanzés sont capables - à l'égal de l'homme - de reconnaître sur une photographie ou un dessis le visage de leurs proches. L'expérience de Lisa Part et Frans de Waad prouve la qualité d'abstraction et de réflexion dont sont capables nos plus proches cousins. INSOLITE : La revanche posthume de la mouche grillée Se débarrasser de certains insectes gênants entraînerait des maux beaucoup plus grands Méfiez-vous des électrocuteurs d'insectes et du grésillement à odeur de chitine de leur agonie. A l'université du Kansas, une équipe de chercheurs a découvert que si les insectes se font griller, il n'en va pas de même pour les bactéries et les virus qu'ils transportent. Bien au contraire. La chaleur dégagée par l'appareil n'est pas assez élevée pour les supprimer. Quand les insectes explosent, les bactéries et les virus sont diffusés à près de deux mètres aux alentours. Il est donc recommandé de ne pas installer ces appareils à côté d'aliments. Donc loin de nos tables, de nos oreilles, des grillades et de la table de pique-nique.
SIGNE DES TEMPS : Les glaces du pôle Nord fondent très rapidement L'un des derniers espaces sauvages du monde serait menacé Des scientifiques viennent de sillonner l'Atlantique Nord à bord de l'Artic Sunrise, le brise-glace de l'association Greenpeace. Selon leurs constatations, les glaciers disparaissent à une vitesse sans précédent. C'est une surface grande comme la France qui a fondu en vingt ans. Si la tendance devait se confirmer, les conséquences seraient catastrophiques pour la faune et la flore locale. Avec le réchauffement des océans, l'espace vital des phoques, des ours polaires, des morses ou des guillemots s'affaiblit. Certaines espèces tributaires de la banquise pourraient disparaître d'ici à 2020 si la tendance au réchauffement s'amplifie. Dans ce cas, la fonde des glaciers pourraient faire monter le niveau des océans. Les côtes françaises, belges et hollandaises seraient alors menacées. Amsterdam, Rotterdam pourraient purement et simplement disparaître sous les eaux. Tout comme New York, Washington ou Miami. Il ne s'agit que d'une prévision apocalyptique de l'avenir, bien sûr, afin que les Etats en tiennent compte.Rapidement. URGENT : La crainte du retour des virus congelés En fondant, les glaces restituent tout les éléments qui y sont captifs, virus compris Dans le prochain Jurassic Park, les dinosaures géants seront peut-être remplacés par l'infiniment petit préhistorique. Pour la première fois, en effet, l'université de Syracuse, aux Etats-Unis, a découvert un virus très ancien conservé dans les profondeurs des glaces du Groenland. Agé de cent quarante mille ans, ce virus de la mosaïque de la tomate, dit ToMV, bien connu des agriculteurs, ne s'attaque heureusement qu'aux végétaux. Mais cette découverte implique que d'anciennes souches de virus se cachent aussi sous les glaces. Une augmentation de la température (voir article précédent) pourraient les délivrer. "La glace bouge sans arrêt autour des pôles, affirme le virologiste Alvin Smith. Si ces virus sont libérés, ils pourraient causer une explosion de maladies." Il a ainsi constaté que le virus diarrhéique Calvici émerge périodiquement des océans polaires, en propageant de nouvelles infections. Mais les scientifiques craignent surtout le retour de virus inconnus et très anciens contre lesquels l'humanité ne possède aucune immunité. ETRANGE : Le comte Dracula battu par une punaise Boire du sang n'est pas à la portée de tous, une molécule toxique l'empêche On croyait, depuis longtemps, que la digestion de grandes quantités de sang libérait des molécules nocives. Les dernières recherches du biologiste Pedro Oliveira, de l'université de Rio de Janeiro, ne disent pas si le compte Dracula avait un truc pour ses banquets d'hémoglobine mais prouvent que le Rhodnius prolixus, lui, en a un. Cette punaise a trouvé le moyen de neutraliser la molécule toxique. Elle peut donc se nourrir de sang en toute tranquilité et ne s'en prive pas puisqu'elle consomme chaque jour cinq à dix fois son propre poids. Une performance qui rend Dracula ridicule avec sa consommation de trois litres et demi. Pour pouvoir se mesurer au Rhodnius, il aurait fallu que le sinistre comte boive le sang d'une vache entière. La punaise est pourtant détrônée par un autre insecte, sa majesté la tique, championne toute catégorie des buveurs de sang, puisqu'elle est capable d'avaler cent fois son poids dans la journée. Cela équivaudrait, pour le comte Dracula, à ingérer la totalité du sang d'un éléphant d'Afrique. Un scénario que même les plus fous des créateurs holluwoodiens ne pouvaient imaginer. SCANDALE : On n'assassinera pas les babouins Un abattoir spécialisé vient d'être interdit En mai dernier, des hommes d'affaires et des fermiers sud-africains obtenaient l'autorisation d'ouvrir un abattoir à babouins dont la viande ne serait commercialisée qu'en Afrique centrale et occidentale. Seuls les "animaux à problème" seraient capturés, assurait-on. Et la vente de la viande permettrait même de lutter contre le massacre des chimpanzés et autres grands primates en fournissant un aliment de substitution. L'argument n'a pas pas convaincu les associations écologistes. "Aujourd'hui, selon Brendan Santon, de la ligue internationale de protection des primates, le projet a été gelé et il ne reverra jamais le jour. LES PIEDS DANS LE PLAT : Le drame du guépard fou La maladie de la vache folle a touché des félins captifs La maladie de Creutzfeldt-Jacob a encore frappé. Sur dix guépards arrivés récemment sur le sol français, deux ont dû être abbatus, victimes de l'encéphalopathie spongiforme "bovine". Ils provenaient de zoos anglais où nombre de lions, guépards et primates divers ont été touchés. Parce que nourris aec des têtes de vaches infectées. C'est une vétérinaire, Christelle Vitaud, qui a donné l'alerte. Au safari-parc de Peaugres, dans le sud de la France, elle avait remarqué des tremblements chez un de ces félins nouvellement arrivés. Ce fait divers lamentable prouve que a menace est toujours bien réelle. Pour l'homme aussi. URGENT : Vagues géantes en mer du Nord Les ferries rapides créent des vagues dangereuses pouvant atteindre jusqu'à cinq mètres de haut L'été dernier, au large du port anglais de Harwich, John Sibley et Denis Hayman pêchent paisiblement. La mer est calme. Soudain, une vague de cinq mètres de haut surgit. Elle balaie leur esquif. Sibley périt, noyé. Depuis, Hayman provoque enquête sur enquête. La vérité sur cette vague extraordinaire vient d'être publiée. Parce que le phénomène n'est pas rare en mer du Nord et ne naît pas du vent, comme la houle. Il résulte de la présence d'un ferry rapide, un de ces gros catamarans qui assurent aujourd'hui lz moitié du graphique entre la Grande-Bretagne, l'Irlande et le continent. Comment un bateau peut-il engendrer un tel monstre ? Sa vitesse en est la cause. Lorsqu'elle dépasse soixante-dix kilomètres/heure, elle provoque un choc violent entre la proue du ferry et la mer. Une vague en naît. Pas forcément géante. Elle fonce vers la côte au-dessus de fonds de trente à quarante mètres. D'une faible amplitude, elle est peu décelable. Lorsque les fonds commencent à remonter, à l'approche de la côte, l'onde ralentit mais se redresse, gonfle, déferle. Devient destructrice. Et meurtrière pour le pêcheur qui ne la voit pas venir.
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